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Jeff du Lac

Petit blog perso

Les dernières tendances et informations à suivre dans le secteur immobilier en France

Agent immobilière professionnelle dans un appartement haussmannien parisien tenant une tablette avec des annonces immobilières

Le marché immobilier français entre dans le dernier trimestre 2026 avec plusieurs signaux contradictoires. Les taux de crédit remontent doucement, le cadre réglementaire des baux se durcit, et les règles de rénovation énergétique évoluent pour accélérer la sortie des énergies fossiles. Ce contexte redessine les arbitrages des acheteurs, des propriétaires bailleurs et des investisseurs.

Clause résolutoire et nouveau bail locatif au 1er octobre 2026

La réforme la moins commentée de cette rentrée concerne directement la rédaction des contrats de location. Depuis le 1er octobre 2026, la clause résolutoire pour impayé de loyer devient obligatoire dans tout nouveau bail signé ou renouvelé. Le mécanisme est précis : en cas de loyer, de charges ou de dépôt de garantie impayés, le bailleur peut délivrer un commandement de payer. Si celui-ci reste sans réponse pendant six semaines, le bail peut être résilié.

Ce changement ne touche pas les baux simplement reconduits par tacite reconduction. Seuls les contrats conclus ou formellement renouvelés à compter du 1er octobre sont concernés. La distinction entre reconduction tacite et renouvellement est donc devenue un point de vigilance pour les propriétaires qui gèrent eux-mêmes leur parc locatif.

Les retours terrain divergent sur l’impact réel de cette mesure. Certains professionnels y voient un rééquilibrage face à des procédures d’expulsion qui pouvaient durer plusieurs années. D’autres soulignent que la clause existait déjà dans la pratique, mais qu’elle n’était pas systématiquement insérée dans les baux.

Sa généralisation pourrait accélérer le traitement des impayés sans modifier fondamentalement les protections du locataire de bonne foi, qui conserve des recours devant le juge. Plusieurs actualités immobilières sur Immobilier du Net détaillent les implications concrètes de cette réforme pour les bailleurs et les locataires.

Jeune couple examinant des plans de rénovation dans une maison de campagne française rénovée avec des murs en pierre apparente

Taux de crédit immobilier : la remontée progressive vers 4 %

Après une période d’amélioration des conditions d’emprunt, le coût du crédit repart à la hausse. Au 1er octobre 2026, le taux d’usure des prêts à taux fixe de vingt ans et plus atteint 5,40 %, contre 5,29 % au trimestre précédent. Ce plafond légal fixe la limite au-delà de laquelle une banque ne peut pas prêter, assurance comprise.

Le courtier CAFPI anticipe une remontée progressive des taux moyens vers une fourchette de 3,70 % à 4 % d’ici la fin de l’année 2026. Ce scénario écarte un retour aux niveaux extrêmes de 2023, mais il réduit mécaniquement la capacité d’emprunt des ménages. Pour un même revenu, la mensualité maximale autorisée finance un capital inférieur de plusieurs milliers d’euros par rapport au point bas atteint quelques mois plus tôt.

Ce que cette hausse change pour un projet d’achat

L’écart entre 3,5 % et 4 % sur un prêt de vingt ans représente une différence significative sur le coût total du crédit. Les primo-accédants, souvent contraints par les règles du HCSF qui limitent le taux d’endettement, sont les premiers touchés. Les banques, de leur côté, demandent un assouplissement de ces règles pour maintenir la production de prêts.

Les données disponibles ne permettent pas de conclure si cette remontée va freiner durablement les transactions ou simplement ajuster les prix à la baisse dans certaines zones. Le marché de l’ancien, qui représente l’écrasante majorité des ventes en France, reste le premier indicateur à surveiller trimestre après trimestre.

MaPrimeRénov’ et rénovation énergétique : la fin des chaudières fossiles subventionnées

Depuis le 1er septembre 2026, les conditions d’éligibilité de MaPrimeRénov’ ont évolué. Une rénovation importante conservant une chaudière au gaz ou au fioul n’est plus éligible dans les mêmes conditions. Le projet de travaux doit désormais inclure un mode de chauffage décarboné : pompe à chaleur, chauffage au bois ou raccordement à un réseau de chaleur.

Cette évolution confirme un recentrage vers des rénovations globales plutôt que des gestes isolés. Remplacer uniquement des fenêtres ou isoler un comble sans traiter le système de chauffage ne suffit plus pour bénéficier pleinement du dispositif. Les propriétaires de maisons individuelles chauffées au gaz sont les plus directement concernés.

DPE et marché locatif : les passoires thermiques toujours en débat

Le projet de loi Logement examiné en commission à l’Assemblée a adopté le principe d’un retour temporaire en location des logements classés G. Cette mesure, si elle est confirmée en séance, offrirait un délai supplémentaire aux propriétaires pour engager les travaux de rénovation. Le calendrier d’interdiction progressive des passoires thermiques reste un sujet de tension entre les objectifs climatiques et la réalité du parc locatif disponible.

  • Les logements classés G représentent une part non négligeable du parc privé, notamment dans les zones rurales et les petites copropriétés où le coût des travaux pèse lourdement.
  • Le DPE (diagnostic de performance énergétique) continue de faire l’objet de critiques sur sa fiabilité, avec des écarts de classement parfois constatés d’un diagnostiqueur à l’autre pour un même bien.
  • La combinaison entre obligation de rénovation et restriction des aides pour les systèmes fossiles pousse les propriétaires vers des arbitrages coûteux, entre vente en l’état et investissement dans une rénovation globale.

Promoteur immobilier sur un chantier de construction résidentielle en banlieue française avec grues et immeubles en cours de construction

Encadrement des loyers : un dispositif étendu mais peu respecté

La prolongation de l’encadrement des loyers devait être examinée au Sénat à partir du 21 octobre 2026. Le dispositif, initialement expérimental, s’étend progressivement à de nouvelles communes. Paris, Lyon, Lille, Bordeaux et plusieurs intercommunalités l’appliquent déjà.

Le problème principal n’est plus juridique mais pratique. Le taux de non-respect de l’encadrement des loyers progresse nettement en 2026. Les propriétaires qui dépassent le loyer de référence majoré sont de plus en plus nombreux, et les sanctions restent rares. Les locataires disposent d’un recours, mais la démarche suppose de connaître le loyer de référence applicable à leur logement et d’engager une procédure auprès de la commission de conciliation.

Cette situation crée un décalage croissant entre le cadre théorique et la réalité du marché locatif, particulièrement dans les grandes métropoles où la tension sur l’offre reste forte. L’efficacité du dispositif dépendra autant du contrôle effectif que de la volonté politique de sanctionner les dépassements.

Le dernier trimestre 2026 concentre plusieurs mouvements simultanés : un crédit qui se renchérit sans s’effondrer, des règles locatives qui se précisent, et une politique de rénovation énergétique qui ferme progressivement la porte aux énergies fossiles. Un propriétaire bailleur qui doit rénover un logement classé G fait face à la fois au durcissement des aides, à la remontée des taux pour financer les travaux, et à un encadrement des loyers qui limite le retour sur investissement.

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